08 décembre 2009
Bruises
Fetlife is giving away presents to the naughty children for Xmas ! Go get yours if you think you deserved it.
Le Strass, Syndicat du Travail Sexuel, a élu ses nouvelles et nouveaux représentantEs ce week-end.
Accessoirement, le syndicat a créé des badges, qui disent "sex work is work", "my body is my business", "fière d'être une pute"... Ils seront bientôt en vente sur le site.
Signez ici la pétition contre la criminalisation du travail du sexe.
J'ai essayé récemment la mooncup, une alternative écologique, économique et pussy-friendly aux tampons et aux serviettes hygiéniques. C'est une coupe en silicone chirurgical, qui au lieu d'absorber ou de boucher l'écoulement menstruel, le contient. On l'insère dans le vagin, on la retire toutes les 4 à 12h pour la rincer, et on la remet. On peut la désinfecter environ une fois par cycle en la faisant bouillir. ça coûte 20€ et ça peut se garder jusqu'à 15 ans, le prix est donc amorti rapidement par comparaison au prix des tampons et des serviettes, et ça fait nettement moins de déchets.
Il existe plusieurs marques, divacup, mooncup, keeper, femmecup...
Jsais pas trop c'est quoi les différences, peut-être que certaines sont
en latex et d'autres en silicone, bref. En tout cas c'est beaucoup
moins agressif pour la chatte, pas d'agents blanchissants, pas de
Syndrome du Choc Toxique, pas d'absorption des sécrétions et
d'assèchement, pas de tampons-bouchons qui empêchent l'écoulement
naturel, pas de couche-culotte qui gratte l'intérieur des cuisses...
J'avais des réticences jusque là car j'avais peur que ça soit dur à mettre, pas confortable... Et en fait c'était vraiment facile à insérer, un peu moins facile à enlever (le fameux "effet ventouse" qui faisait une drôle de succion un peu angoissante), mais surtout une fois mise je la sentais à peine dans ma chatte, j'étais vraiment tranquille, je l'ai gardée toute la nuit et le lendemain matin elle n'était même pas pleine. Pour la première fois j'ai vu le sang de mes règles à l'état liquide, j'ai pu voir vraiment sa couleur, sentir vraiment l'odeur chaude et sirupeuse... C'était vraiment cool.
Courtney Trouble continue à travailler comme une folle, et sort dans quelque jours son 7e film en DVD, Roulette Berlin, dans lequel j'ai tourné une scène avec mon boyfriend !
Voici la bande-annonce.
Acheter le DVD.
J'ai lu et écouté des dizaines et des dizaines de fois ce poème de Bob Flanagan, "Why", qui répond à la question "mais pourquoi aimes-tu le BDSM ?". Je le connais presque par coeur.
Je crois bien que c'est mon poème préféré.
Les passages qui me plaisent le plus :
-"because my parents loved me even more when I was suffering"
-"because I'm nothing but a big baby and I want to stay that way, and
I want a mommy forever, even a mean one, especially a mean one"
-"because of motherhood,
because of Amazons,
because of the Goddess,
because of the moon"
-"because it's in my nature,
because it's against nature"
-"because I'm attracted to it,
because I'm addicted to it"
-"because surrender is sweet"
Du coup j'ai écrit le mien, à la manière de. Le voici :
"Because it makes me feel good, because my mom always made nail clipping such a ritual, because I was born with my umbilical cord around my neck and it almost killed me, because I was a sad kid and an angry teenager, because the future is dark, because life is too short, because I need you to take care of me, because I'm not brave enough to hurt myself, because I like to feel powerless, because it makes me feel powerful, because I'm so fragile, because I'm so tough, because I can take it, because I don't want to be in charge, because I don't want to grow up, because of the martyrs of sainte Agathe and sainte Marguerite, because I feel nostalgia for a time that never was, because I'm lazy, because I'm selfish, because my mom didn't masturbate, because I'm a feminist, because I'm a woman, because I want to, because I am bored, because I'm open-hearted, because I've watched too much porn, because I like it, because it makes me serene, because I'd wither without it, because I am queer, because I am punk, because I am a pervert, because it's my definition of tenderness.
Les prochains AVN Awards (Adult Video News Awards), la plus grosse cérémonie de récompense du porno, qui se déroulent à Las Vegas, auront lieu le 9 janvier 2010. Les nominations, qui ont été dévoilées il y a quelques jours, sont vraiment une bonne surprise pour le porno queer. Jusqu'à présent, les AVN ont récompensé quelques productions et acteurs/actrices queers, tels que SIR Productions ou Buck Angel, mais de manière générale le porno queer n'était pas inclus dans la cérémonie. D'ailleurs l'an dernier il y avait eu un scandale quand Madison Young, nominée pour son travail plus mainstream, avait décidé d'arpenter le tapis rouge au bras de Syd Blakovich - c'était la première fois qu'une fille choisissait une autre fille pour cavalière, et ça n'avait plu à personne de voir un couple de vraies gouines, si bien que Syd avait failli se faire virer.
Bref, cette année, Jiz Lee est nominé-e, le film de Shine Louise Houston "The Champion" est nominé, Dylan Ryan est nominée, Good Vibrations est nominé... et pas dans des catégories de rien du tout ! Peut-être que ça vous impressionnera pas, les AVN ne sont pas vraiment connus en France, mais moi je suis vraiment émue de cette reconnaissance du porno queer par l'industrie mainstream. Depuis un an, il est vraiment en train de se passer quelque chose. Voir la liste des nominés.
Quand j'étais à Berlin, j'ai rencontré le créateur de la compagnie de sextoys NJOY, qui m'a donné trois jouets gratuits : la Pure Wand, le Pure Plug, et le Eleven.
Ils sont en acier inoxydable, faits à la main et polis soigneusement, de vraies oeuvres d'art.
Très beaux et très lourds. Je prends mon temps pour les inaugurer, j'ai testé les deux premiers et je vais bientôt m'attaquer au dernier, le Eleven, qui est un vrai mastodonte.
Au prix où ils sont vendus, c'était vraiment généreux de sa part de me les offrir. Je suis allée le voir dans son hotel à Berlin, un monsieur pas tout jeune en robe de chambre qui m'a raconté qu'il adorait se mettre des trucs dans le cul depuis qu'il était ado, et qu'il avait commencé à dessiner des sextoys lorsqu'il travaillait dans une compagnie qui fabriquait des poignées de portes, dont le design lui avait inspiré son premier plug. Il m'a donné un échantillon de ses produits, et je lui ai promis en échange d'en parler autant que je peux, de les utiliser dans des pornos, etc. Je ferai donc des sextoy reviews dans les posts qui vont venir pour vous parler de ces trois objets.
You got me in subspace in seconds, blood rushing and flushing to my face. Thank you Sir. Visions of you pulling on my pigtails, getting me down on my knees. Tenderness and playfulness, with just the right amount of cruelty. And I'll cherish my bruises and my marks, when they're all I have left to remember.
Why wasn't there one single allusion to Stonewall or the gay and lesbian movement in my American history class on "minorities protest movements in the late 1960s" ? Don't we fucking qualify ? Where is our history ? When I asked my teacher if we were going to study Stonewall, he said "study WHAT ?" and when I explained to him what Stonewall is, he just answered "no".
Now there's much much more I want to write about, but it's late and this is already a very long post about too many different things. Good night !
01 octobre 2009
You are my sweet monster
Je viens de rentrer d'un super spectacle. Le Maxi Monster Music Show joue à L'Européen jusqu'au 9 octobre. Courez-y ! C'est un peu cher mais c'est classe, y a une femme tronc, une femme homme, une femme nordique, une femme à barbe, entre autres. Et toute la monde joue de plein d'instruments et a des super costumes.
Bon alors j'avais pas capté mais apparemment samedi c'est La Nuit Blanche de Paris. C'est pour ça que y avait plein de soirées branchouilles alors ? Le 3 octobre, en plus d'aller voter contre la privatisation de la Poste, et avant la soirée Cunt Punt au Glazart qui commence qu'à 23h, vous pouvez aussi aller à La Nuit Blanche Et Rose, avec concerts, performances (y aura les Kisses Cause Trouble), projections, etc., et ça se passe à Rosa Bonheur, dans le parc des Buttes Chaumont, de 20h à minuit (bon c'est une nuit blanche qui finit tôt alors). Moi perso jvais chez mon cousin, il a un terrarium avec un serpent qui s'appelle Gwendoline !
Le 7 octobre le groupe riotgrrrl français Pussy Patrol, qui vient de se reformer, joue au Chiquito !
Liiiiick my period blood ! (y aura d'autres groupes aussi)
Le 9 octobre vernissage de l'expo photo In Between, par Anakin Wyoming, à la librairie Violette & Co.
LE 10 OCTOBRE C'EST L'EXISTRANS, 14H AU METRO JOURDAIN. J'aimerais bien qu'il y ait plein de monde. Pis ensuite le soir y a une soirée au Yono.
Le 15 octobre, l'auteure américaine Eileen Myles lira à la galerie Castillo/Corrales, 65 rue Rébeval, à 20h.
From October 22nd to 25th, I'm going to be horribly amazingly busy : it's the 4th Berlin Porn Film Festival !
I'm in three of the movies that are screened :
one directed by a straight woman and a straight man (Ovidie & Jack Tyler's Histoires de Sexe(s)), screened Saturday 24th at 8:15pm, one directed by a lesbian (Emilie Jouvet's Judy's Panties), and one directed by a gay man (Todd Verow's Wendy and Judy), both screened in the dyke porn shorts programme, on Friday 23rd at 5:45, and on Saturday 24th at noon. The first one is a full-length feature with a script, the two others are shorts (9 and 30 minutes) without a story, just sex. I will be answering questions of the audience after the screenings.
I will also be performing for Erophil, a festival for erotic literature, on Sunday Oct. 25th at 1pm.
In addition to the screenings and the reading, I'm also doing a workshop on roleplay and sextoys with Wendy Delorme, Sunday Oct. 25th from 3pm to 5pm. Women, men, and everybody in between or beyond are welcome, but the number of participants is limited. 15€. Register here if you want to attend : office@pornfilmfestivalberlin.de
Du 22 au 25 octobre, pour ceux et celles qui seront pas à Berlin, y a le Paris Burlesque Festival à la Bellevilloise. Projections de films, performances et revues de cabaret, djs et musique live. Jvous laisse regarder le programme.
Et à la fin du mois, le festival Cineffable : Le 21e festival international lesbien et féministe de Paris se tiendra du 29 octobre au 2 novembre.
Bon je crois que j'ai tout dit.
Now, confession time : I've heard several times from people who'd been in relationships with people who were transitioning that they'd had to mourn the loss of someone, that differently gendered person that their partner had been, and was not anymore. My current partner is going through his own transition : when we got together he was my girlfriend and had a girl name and was referred to as "she", and then little by little he started binding his chest, he changed pronouns, then names, then started taking testosterone, and is considering surgery. I have never felt it was hard for me, on a deep level. Of course his transition brought about the usual questions of my visibility as a queer femme when I'm walking in the streets with someone who is presenting as male or recognized as male by strangers. Of course it brought about the usual questions of my sexual orientation : how can I be a lesbian if my partner is not a girl anymore ? But none of this is a major problem for me. I've never really cared about sexual orientation, and as a femme I'm already used to ranting about my invisibility - showing off my butch to prove I'm queer was never really a solution. These problems did occurr, but I never really felt his transition was hard for me. People said "it must be hard for you", he said "I understand this must be hard for you", but I didn't feel it was. I felt it was certainly very hard for him and I had to support him through it, and maybe supporting him would mean sometimes having to hear him bitch about his hair not growing fast enough, or having to be amazed at every new hair that grew on his chin. It also meant having to be very tactful and to deal with his body issues, to respect his stoneness and to help him melt it when he felt like it, and generally having to cheer him up when he went through hard times. All of this felt like normal things, things that should be expected from a loving partner. The extent of the support he needed from me sometimes meant I had to forget myself, to be selfless, to nurse and care and sometimes to feel reassigned to a traditionally disempowering female role. Sometimes it meant I went more often to the TDoR meetings and the Trans March meetings than to feminist movement events, or sexworkers movement events, and I was wearing a lot of purple, and I felt I had become a flag for a cause which isn't mine. That felt hard to me. But it was not inherent to his transition. It came from gender constructions I needed to work on, it came from my codependant behavior that I needed to work on, it came from the hardships that any relationship can go through. Nothing was hard for me in his transitioning. But these past months I've been realizing I actually have gone through a phase of mourning. It is probably not over yet. I have been mourning the death of my girlfriend, who's now and forever a boyfriend, the body he had, that is beginning to change irreversibly, the face and the voice and the skin that he had when we met, that I'm beginning to forget. It is a painful process. It is the grief of a loss. The loss of my lesbian love. It's nothing conscious. There's a few dreams I've had that gave me a clue that maybe something was going on there. There's a few times I've felt a pinch in my heart as I was watching not so old pictures of him. And why is it that the last crushes I've had were on persons who were on the verge of transitioning, pe-T, not even binding, but boyish, genderqueer, questioning, or about to take the first steps of their transitions ?
Courtney Trouble is working hard for you ! Her 1st film, Roulette, was released less than six months ago. Her 2nd one, Nostalgia, was released just over a month ago. The 3rd one, Speakeasy, was released less than a week ago. The 4th one, Seven Minutes in Heaven, that was shot at the end of August, is already finished editing and you can see its trailer here. And the 5th one, Roulette Dirty South, is done shooting ! Courtney works with the best everything. Want names ? Morty Diamond, Lorelei Lee, April Flores, Amos Mac, Syd Blakovich, Jiz Lee, Madison Young, Dallas Fivestar are photographers, directors and models she's worked with. Not only is she doing more and more DVDs, but NoFauxxx is being updated more frequently than it ever was, and guess who's in the photos they posted last ? it's me ! I'm in three other photoshoots on the website. AND I have a secret I can't tell you right now, which is making my heart pound like crazy...
Une dernière chose : il y a plein de trucs sexuels à faire avec ses pieds ou ceux de son/sa/ses partenaires ! Par exemple les enduire de lubrifiant et se les frotter là où j'pense.
Mes lubrifiants préférés sont Sliquid H2O Intimate Lubricant, Bodywise Liquid Silk, et Astroglide Glycerin & Paraben Free Liquid, tous les trois à base d'eau. Le mieux c'est de choisir des lubrifiants sans parfum, sans paraben (risques d'allergies ou d'hypersensibilités), et sans sucre (ni glycérine ni glycol, car si t'as les muqueuses sensibles, avec les frictions ça te file des mycoses). Liquid Silk a du paraben et du sucre, mais il est tellement bien... Le flacon de 250ml est pratique, il y a une pompe donc t'en fous pas partout, tu perds pas le bouchon, t'as pas à tatonner pendant longtemps. Il colle pas, il est pas visqueux. C'est celui que j'utilise le plus souvent, parce que je n'ai pas de problèmes de mycoses à répétition ou d'hypersensibilité au paraben.
Bon, d'autres gens aiment d'autres lubrifiants, comme par exemple Probe ; mais je connais aussi beaucoup de gens qui le détestent, car ça fait des fils comme la colle UHU. D'autres gens aiment les gels à base de silicone, comme Concept S. ; water-based vs silicone-based c'est presque une guerre. D'autres gens n'ont pas assez de thunes pour se payer des lubes de luxe ou carrément les commander depuis les Etats-Unis : auquel cas, n'utilisez surtout pas de lubrifiants à base d'huile (vaseline, etc, pas compatibles avec les préservatifs et très très très mauvais pour votre vagin), évitez si possible les petits sachets de lubrifiant qu'on vous refile avec les capotes gratuites, et n'achetez surtout pas les produits Durex Play (le pire apparemment c'est "frissons", au menthol, qui a l'air de grave brûler et irriter). Alors si vous pouvez pas vous permettre les dépenses excessives, les voyages ou les frais de port, mais que vous voulez quand même vous faire du bien sans vous faire du mal, vous pouvez trouver le lubrifiant KY en pharmacie, à mon avis c'est ce qu'il y a de mieux pour pas cher en France. Il est plutôt correct - il a de la glycérine et du paraben, et il colle un peu au bout d'un moment, mais il n'a pas de parfum et il tient longtemps.
Bonne nuit !
21 septembre 2009
Perverse
Quelqu'un m'a demandé des recommandations de lectures sur le BDSM, et du coup j'ai passé toute la nuit à lire des trucs.
Notamment ce blog, un blog féministe pro-SM.
La référence de base pour se lancer dans le BDSM avec des bons conseils, c'est le livre SM 101, de Jay Wiseman, un guide pratique très complet.
Récemment je suis tombée sur ceci, en français pour une fois, qui regorge de critiques de littérature érotique.
Rien à voir, mais il faut absolument que vous lisiez cet article sur le blog les Entrailles. Attention ça remue. Et puis lisez aussi ça. Et allez voter le 3 octobre dans les bureaux de poste pour refuser la privatisation de La Poste.
Ces derniers temps j'ai tout plein d'envies d'articles, d'idées d'articles, d'esquisses d'articles, mais je suis pas foutue d'écrire un texte structuré et organisé et exhaustif sur quoi que ce soit, alors je poste que des listes de liens sur lesquels vous cliquerez même pas. C'est dommage, j'avais envie d'écrire sur la notion de communautarisme, sur porno hétéro et préservatif, sur Freud et l'orientation sexuelle, sur comment financer le porno queer... Mais je suis trop paresseuse. Bon voilà quand même trois textes sur moi et le BDSM :
1- Je suis une perverse depuis que j'ai 4 ans. Ou même plus tôt. What makes me queer is really BDSM. Bien avant de me définir comme lesbienne, gouine, fem, butchlover, translover... Mon orientation sexuelle, c'est sub. Toutes mes autres identités découlent de ça. J'ai commencé à coucher avec des butchs et des transboys parce que c'était auprès d'elles et eux que je pouvais le mieux obtenir ce que je voulais, assouvir mes désirs en termes de BDSM. C'était un choix, une décision, presque une stratégie. J'ai délibérément éduqué mes préférences et déconstruit mes perceptions genrées. Le choix de mes partenaires a toujours été conditionné plus par ce que j'attendais d'eux sexuellement que par leur apparence physique, leur sexe ou leur genre. Qu'est-ce qui fait que les butchs et les trans sont plus à même de me donner ce que je veux sexuellement que des personnes d'autres genres, c'est une autre question, qui fera l'objet d'un autre article lorsque je n'aurai pas la flemme. Mais ce qui est sûr c'est que le BDSM, par contre, ça n'a pas été un choix conscient. Je ne me suis pas dit "tiens, ça m'intéresse, je vais essayer pour pimenter ma vie sexuelle". Je n'ai pas appris ou découvert le BDSM. J'ai senti ces désirs en moi, et j'ai choisi de les suivre et de les explorer, mais je n'ai pas choisi de les avoir. C'était une évidence. Mes kinks ne sont pas des fantasmes, des accessoires, des condiments ; ils sont les conditions nécessaires à mon excitation, les seuls moyens que j'ai d'avoir du désir. Ils sont mon orientation sexuelle. Parfois même ça m'embête, j'aimerais bien pouvoir baiser avec n'importe qui comme ça sans avoir à expliquer mes désirs tordus, j'aimerais bien pouvoir faire des compromis et faire des trucs vanilles avec mes partenaires qui ont envie de vanille, mais jpeux pas.
2- Je n'ai que 20 ans, et je pratique le
BDSM depuis plus de 5 ans.
Au début, j'ai recherché énormément de ressources, d'informations et de
partage sur internet, car je voulais en savoir plus, et aussi
rencontrer des gens avec qui j'avais des intérêts sexuels en commun.
Mais tous les forums que je trouvais m'imposaient de mettre une
minuscule à mon nom, de vouvoyer les dom-me-s du site...
C'était le protocole, soi-disant. J'étais soumise, alors je devais me comporter comme une soumise sur ce forum. J'avais été outrée. Une fois, j'ai essayé de rencontrer un Dom d'un site internet pour un plan cul ; c'était naze, rien à voir avec ce que moi j'appelle le BDSM. Depuis, j'ai eu tendance à éviter les soirées, les
communautés en ligne, et généralement mes partenaires sont des
débutants, que j'ai moi-même initiés au
BDSM, car la plupart des gens qui sont "in the lifestyle" ont adopté
des normes qui ne me conviennent pas. Il y a énormément de misogynie.
Beaucoup de doms et de masters
(auto-proclamés, s'entend) dans le milieu BDSM hétéro francophone sont simplement des petits tyrans, qui prennent leur
pied à avoir du pouvoir non-consensuellement. Etre dom-me ou sub, ça ne veut dire quelque chose qu'à l'intérieur d'un
échange de pouvoir négocié et consensuel.
Soumis-e et dom-me ne sont pas des statuts sociaux, ce sont des
positions dans une relation, pas dans une communauté.
Je ne suis pas la sub de tout le monde, je suis la sub de
quelqu'un. Je ne dois déférence qu'à la personne à qui j'ai choisi de me
soumettre.
Je ne suis pas soumise à tout le monde, tout le temps.
Je ne suis pas soumise à tou-te-s les dom-me-s dans un forum ou une
soirée BDSM. Si je suis sur un forum pour demander des conseils
concernant l'entretien du latex, je ne vois pas pourquoi je demanderais
ces conseils en faisant des pirouettes et en renonçant à la majuscule
dans mon nom. Si je suis dans une soirée avec ma domme ou mon dom, je
ne vois pas pourquoi je devrais obéissance à tous les autres. Je n'ai
pas de contrats avec les autres, je n'ai pas donné de pouvoir aux
autres. Je ne suis pas soumise quand je fais mes courses, je ne suis
pas soumise quand je vais à la fac, je ne suis pas soumise quand je
discute sur internet avec des gens qui font du BDSM. Je suis soumise
quand je suis avec quelqu'un avec qui j'ai consenti à avoir une
relation d'échange de pouvoir.
3- Comme je me refusais à rechercher mes partenaires dans le milieu BDSM français, j'ai la plupart du temps initié mes partenaires au BDSM, le désir et la demande sont venus de moi. Mais ça a aussi des inconvénients. Une partie d'entre eux-elles étaient réticent-e-s, et acceptaient au mieux du "rough sex", et en tout cas jamais une véritable relation D/s. Pour eux-elles c'était fun, c'était une expérience, c'était un moyen de me donner du plaisir ou d'en prendre, mais c'était jamais la structure de la relation. Les émotions qui passaient entre nous là-dedans ne les rendait jamais profondément heureux-ses ou malheureux-ses, tout au mieux ému-e-s. D'autres partenaires étaient simplement débutant-e-s, pas réticent-e-s, mais simplement pas habitué-e-s, pas familier-ère-s avec ça, et avaient besoin de temps pour avancer, aller plus loin, construire un érotisme et une philosophie autour de ça, l'inscrire dans l'essence de leur relation avec moi. Bien sûr ça prend du temps, et c'est normal. Moi non plus, du haut de mes 20 ans je ne suis pas arrivée au bout de mon apprentissage de ce que c'est que le BDSM. Cependant j'en suis plus loin que tout-e-s les partenaires que j'ai eu-e-s jusqu'à présent, et ça me met parfois dans une position un peu désagréable, de devoir être "top-from-the-bottom", une soumise qui initie son-sa Maître-sse... Devoir demander qu'on me fasse ci ou ça, expliquer ce que j'aime, enseigner des techniques, des notions, des concepts... Initier des nouvelles pratiques, rassurer l'autre qui ne se sent pas à l'aise, pas capable, pas en sécurité... Quand je suis dans le subspace c'est très dur pour moi d'en sortir et de dire à mon-ma partenaire ce que je veux. Mais j'ai pas le choix, alors je dois expliquer ce que je veux, et être en contrôle plus que je ne le voudrais, et petit à petit on fait ensemble le chemin vers une véritable relation domination/soumission, qui sort de la chambre à coucher, qui sort du purement sexuel, qui va plus loin, qui construit nos rapports et qui est un support pour l'amour qu'on se donne. J'aimerais pouvoir davantage lâcher prise, être prise en charge. Souvent j'aimerais que mes partenaires prennent plus d'initiatives, j'aimerais être surprise, j'aimerais jouer avec des personnes plus expérimentées que moi. J'aimerais être choquée par leurs fantasmes. Au lieu de ça, je suis souvent blessée lorsque j'ose sortir de ma pudeur, parler d'un kink ou d'un désir, et que je vois l'autre réagir avec dégoût, ou rejet... C'est humiliant et douloureux lorsque je parle d'une envie et que mon-ma partenaire me juge, me trouve bizarre ou tordue...
Et puis il y a autre chose, quelque chose sur lequel je ne sais pas bien mettre des mots. Les personnes qui m'ont dominée étaient souvent des gens qui se sont révélés pas assez forts pour prendre véritablement les responsabilités qui vont avec la confiance et l'abandon que je leur donne. Ou qui n'en veulent pas, qui ne savent pas quoi en faire, qui en ont peur, qui les piétinent ou qui ne les comprennent pas. Je me sens souvent assez seule, quand je dis à la personne qui me domine "je suis à toi" d'une manière ou d'une autre, quand je lui exprime ma gratitude ou mon envie de bien faire pour lui faire plaisir, pour qu'elle soit fière de moi, bref, quand je m'étends sur ce que je ressens et la force de la soumission qui m'unit à elle, et que je vois bien qu'elle n'y attache pas tant d'importance, qu'elle n'y attribue pas autant de signification, qu'elle ne comprend pas que ça n'est pas un jeu, que ça ne veut pas seulement dire "tu peux faire ce que tu veux avec mon corps". C'est très douloureux de s'investir autant là-dedans, de donner autant, et d'avoir l'impression qu'il n'y a pas de réponse en face. C'est comme si je donnais tout ce que j'ai à quelqu'un et qu'il le refusait, ou qu'il n'en comprenait pas le sens. Je fais un grand discours romantique, mes yeux se remplissent de larmes, mon coeur est au bord de l'explosion, et l'autre baille. J'ai l'impression d'être seule, d'être "dans mon trip". L'état de vulnérabilité dans lequel je me mets, c'est aussi vraiment dangereux et douloureux parfois, parce qu'il y a si peu de tops qui peuvent réellement le comprendre. Je me sens tellement bien dans le subspace, et je voudrais le partager, et parfois j'ai l'impression de m'être mise dans le subspace toute seule, de m'être "fait un film", de m'être trop emballée. C'est peut-être une des raisons pour lesquelles j'ai toujours eu l'impression que l'expérience de la domination, la position dominante, était beaucoup moins intense, rendait beaucoup moins heureux-se, que la soumission.
Je sais pas si ça a sa place sur ce blog tout ça. Dites-moi. Une partie a été écrite il y a bientôt un an, et avec le recul je me demande si ça a le moindre intérêt.
Bon, et deux évènements festifs queer à venir :
Vendredi 25 septembre : soirée Wet for Me au Nouveau Casino. minuit à l'aube. 5€ avant 1h, 10€ après. Djs - Axelle Roch, Rag, Denyse Juncutt, Mary Velo, DJ Wet...
Samedi 3 octobre : soirée Cunt Punt au Glazart. 23h à tard. 10€. avec concerts de Jane Bang et Team Gina, entre autres.
01 septembre 2009
Berlin Porn Film Festival
Le Porn Film Festival de Berlin aura lieu cette année encore :
sa quatrième édition se tiendra du 22 au 25 octobre 2009
et ça va être trop bien !
J'ai bientôt fini de lire The Ethical Slut, 2e édition, de Dossie Easton et Janet Hardy, et ça m'a donné beaucoup d'inspiration, de courage et de conseils.
Ces derniers temps j'ai envie de traduire en français tous les livres que je lis, pour pouvoir partager avec mes amis... Je traduis moins vite que je lis malheureusement, et les maisons d'édition françaises sont frileuses, alors ça s'empile. Bordel y a des centaines de bouquins qui sont cultes, classiques, absolument incontournables, et qui ne sont toujours pas disponibles en français...
Carnal Nation est un nouveau site, une nouvelle ressource dans la scène sex-positive américaine. Allez voir.
And also : read this blog.
27 août 2009
Extreme Makeover
bon bin crise existentielle j'ai relooke mon blog. dites moi si ca vous plait mieux comme ca. je savais pas qu'on pouvait s'amuser a ce point avec canalblog ! depuis le temps que je tiens ce blog j'avais meme pas cherche a le rendre un peu joli et navigable.
existential crisis, i gave my blog an extreme makeover. tell me if you like it better now. i didn't know there were as many possibilities with canalblog ! i've been writing this blog for ages and i hadn't even tried to make it prettier or at least a bit more navigable.
Nomination
Je viens de voir que quelqu'un m'a nominee pour la liste des Sexiest Bloggers of 2009 !
Bon, c'est une amie a moi qui m'a nominee, et je ne suis nominee qu'une fois, alors que la plupart des autres blogs soumis aux votes du jury sont proposes genre 15 fois chacun, par 15 personnes differentes. N'empeche, ca me ferait drolement plaisir d'etre sur cette liste - et ca me ramenerait grave du traffic.
Bon, mais suis-je vraiment qualifiee et eligible ?
Est-ce que mon blog est un sexblog ? Ouais.
Mais d'une, ce blog est partiellement en anglais, partiellement en francais. Peut-etre qu'ils voudront pas de moi car j'ecris trop souvent en francais ? Ensuite, contrairement aux gens qui tiennent leur blog serieusement, moi je poste assez irregulierement, et surtout j'ecris pas toujours un article qui a un theme, une histoire a raconter, une these a soutenir - souvent, je parle de 15 trucs differents, 3 lignes pour chaque info, je mets plein de liens vers des trucs que j'aime bien, et je divague beaucoup.
En plus mon blog est moche, j'ai pas de logo, de jolie mise en page, de photos de moi toute nue, tout ca. J'ai fait expres qu'il soit austere pour que faille vraiment le vouloir pour le lire, mais bon, j'ai des remords parfois.
Est-ce que, si je rentre pas dans la liste cette fois-ci, je devrais ecrire en anglais plus souvent, et des articles plus rigoureux, pour essayer de remplir les exigences de cette liste d'ici a l'an prochain, pour etre dans les Sexiest Bloggers of 2010 ? D'ailleurs, lecteurs francophones, ca vous empeche de me lire quand j'ecris en anglais ? Vous attendez le prochain post en francais ? Ou bien vous comprenez l'anglais aussi et ca vous importe peu ? C'est quoi vos articles preferes ? De quoi vous voulez que je vous parle ? Y a quelqu'un qui lit ce blog ? J'espere que vous lisez tout hein, et en cliquant sur les liens, et en prenant des notes ! Voila cette nomination m'a fait me poser plein de questions. Alors laissez-moi plus de commentaires, je me sens un peu toute seule parfois !
Au fait je sais pas pourquoi mais il y a de la pub sur mon blog maintenant. Elle etait deja la avant et j'avais pas remarque ? Ou est-ce que c'est depuis que j'ai mis mon blog dans la categorie "Pour Adultes" ?
Tina Fiveash est une photographe australienne, et Catherine Opie une photographe americaine, et je connais pas tres bien leur travail mais elles m'interessent. Jetez un coup d'oeil !
Le SexBloggerCalendar aide a soutenir SexWorkAwareness. Achetez-le !
Et visitez ce site aussi : Audacia Ray est super cool !
Je suis pas trop sure de comprendre exactement comment ca fonctionne, mais je vais essayer de participer au Sugasm #172.
15 août 2009
overwhelming whirlwind
so, after reading my last post, someone told me the exhaustion i talk about at the end of the text is very typical of sexworkers, and such women as Annie Sprinkle and Virginie Despentes mention similar feelings.
here's what i wrote back :
my exhaustion has very little to do with sexwork though.
i started feeling this way long before i began sexworking.
it's just the way my life is meant to be.
a constant overwhelming whirlwind. hectic frantic and fantastic.
i can hardly keep up with it, but most of the time the breathlessness just makes me a little dizzy and light-headed with happiness and excitement.
except the times when i get burnt out and have a nervous breakdown.
maybe sometime i'll come to terms with the existential anxiety that leads me to run after time the way i do, keeping myself busy all the time, maybe trying to escape something, who knows. i'm sure i'll work that out.
until then, this neurosis makes my life pretty darn interesting.
voici un lien vers un site qui vient d'etre cree : Les mots de la chair.
ce soir j'ai performe pour SIZZLE, une soiree de lectures et de performances organisee a la galerie Femina Potens. c'etait interessant et agreable. les autres auteures invitees etaient Madison Young, Luna Maia, et Thea Hillman, et ce qu'elles ont fait etait chouette.
je suis pressee de voir ce que San Francisco aura a m'offrir dans les deux semaines a venir.
(j'ai largement augmente l'article precedent depuis que je lai mis en ligne, si vous l'avez lu juste apres sa publication, vous devriez y jeter un nouveau coup d'oeil. je vais probablement le retravailler encore dans les jours qui viennent.)
vous devriez aussi jeter regulierement un oeil sur ce que fait Courtney Trouble :
elle a realise trois longs-metrages dans les derniers mois : Roulette, Nostalgia et Speakeasy, qui m'ont bien l'air d'etre des oeuvres d'art en plus d'etre des pornos queer excitants.
elle vient de faire passer son site internet, NoFauxxx, a la vitesse superieure : il y aura des updates plus regulieres a partir de maintenant (et un troisieme photoshoot de moi vient d'y etre mis en ligne) !
lentement mais surement, son projet d'inventaire exhaustif, que dis-je, de pantheon du porno queer, avance petit a petit : RealQueerPorn. d'ailleurs si vous voulez offrir votre contribution benevole a ce projet, contactez-la, elle a besoin de petites mains !
Sinon, voila une serie de liens vers des trucs sympas :
Bitch Magazine, un magazine lesbien feministe assez cool
$pread Magazine, un magazine qui "illuminate the sex industry"
On Our Backs, un magazine porno lesbien qui n'existe plus...
Fetlife, un reseau social genre myspace ou facebook sauf que c'est pour les deviants sexuels et autres kinksters
The Inverted Eye, une boutique en ligne qui vend des accessoires vintage et des antiquites dont l'usage initial peut etre detourne et perverti au gre de vos kinky games (fragments d'uniformes, materiel de barbier, materiel medical, materiel d'equitation... y a des tresors)
09 juillet 2009
Queer X Show
in English below
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Vendredi soir, je quitte Paris pour Berlin, où commence la tournée du Queer X Show, qui s'achèvera le 8 août.
Le Queer X Show c'est un show qui rassemble des performances de Wendy Delorme, Judy
Minx, Sadie Lune, Mad Kate, Madison Young, une soirée
après le spectacle avec aux platines la berlinoise DJ Metzgerei, et un
road-movie porno documentaire sur la tournée des 7 bad girls, réalisé
par Emilie Jouvet.
On part avec un van pour faire vibrer l'Europe
au rythme de nos orgasmes pendant un mois.
Berlin, Bruxelles, Paris, Cologne, Stockholm, Copenhague, Malmö, et Berlin !
watch out cause we're up to mischief !
Lorsqu'on sera pas sur scène en train de te faire mouiller ta culotte, ton boxer ou ton slip kangourou, on sera peut-être en train de tourner une scène de cul avec toi, alors si t'es queer, que t'as toujours secrètement rêvé de coucher avec moi (ou une autre des filles du gang) et que t'as pas peur des caméras, envoie un mail au Queer X Show sur myspace, facebook et/ou à emiliejouvet@gmail.com et on arrangera ça !
dans tous les cas, viens voir le show !
numéros de cabaret,
exhibition explicite extrême,
strip-tease burlesque et spoken word,
léger mignon sexy et/ou malsain tordu troublant,
de l'urine, du sang, de la glaire cervicale, de la salive,
de la sueur, de la cyprine, de l'éjaculat féminin - et des paillettes
des profs des flics des prêtres des petites filles des grenouilles des cyborgs et des drapeaux américains, des performances différentes à chaque représentation et même des invitées surprises dans chaque ville...
17/07 Berlin : L.U.X (Schlesische Str., Kreuzberg)
18/07 Brussels : Metro Anneessens (bvd Maurice Lemonnier, entrée Place Fontainas)
23/07 Paris : Le Tango (13 rue au Maire)
24/07 Paris : Chez Régine (49-51 rue de Ponthieu)
26/07 Cologne : Tsunami Club (Im Ferkulum 9)
29/07 Stockholm : Kolingsborg (Södermalmstorg 2, Gula Gangen)
29/07 Copenhagen : ArtRebels Gallery (Flæsketorvet 17-19)
31/07 Copenhagen : Salt Club (Vesterbrogade 2A)
04/08 Malmö : D'Nye (Nordenskiöldsgatan 19)
08/08 Berlin : BKA Theater (Mehringdamm 34)
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Tomorrow night I'm leaving Paris for Berlin, where the QueerXShow tour begins. It will last until August 8th.
The Queer X Show is a show with performances by Wendy Delorme, Judy Minx, Sadie Lune, Mad Kate, Madison Young, a party after the show with wonderful DJ Metzgerei from Berlin, and a porn road-movie documentary about the 7 bad girls on tour, directed by Emilie Jouvet.
We are leaving on a van to make Europe throb
to the rhythm of our orgasms for a month.
Berlin, Brussels, Paris, Cologne, Stockholm, Copenhagen, Malmö, and Berlin !
watch out cause we're up to mischief !
When we're not on stage making you cream in your panties / boxers / briefs / jockstrap, we might be shooting a sex scene with you, who knows ?
so if you're queer, you've always had the secret dream of fucking me (or another girl from the gang) and you're not scared of cameras, email the Queer X Show on myspace, facebook and/or emiliejouvet@gmail.com and we could arrange something !
Anyway, come see the show !
cabaret numbers
extreme explicit exhibition,
burlesque strip-tease and spoken word,
cute sexy carefree and/or creepy twisted disturbing,
saliva, blood, urine, vaginal fluid, cervical mucus, female ejaculate - and glitter,
teachers cops priests lilgirls frogs cyborgs and American flags,
different performances every night, and even surprise guests in every city...
(see the dates of the tour in the French version above)
04 juillet 2009
Patriarcat = Système Politique
Je l'ai déjà dit, mais les mecs, il faut arrêter vos "mais moi je suis gentil" dans les discussions sur le féminisme.
Le patriarcat ce n'est pas une histoire de méchanceté ou de gentillesse, ce n'est pas une histoire d'individus et d'individues. C'est un SYSTEME dont nous faisons tou-te-s partie. C'est un système qui divise l'humanité en une catégorie dominante, la classe des hommes, et une catégorie dominée, la classe des femmes.
ça ne veut pas dire qu'aucune femme n'a jamais fait souffrir un homme. ça ne veut pas dire qu'aucun homme ne peut défendre un projet de société féministe, qu'il n'existe pas d'hommes prêts à lutter contre leur construction masculine de dominants et à renoncer à leurs privilèges masculins, ou qu'il n'existe pas d'hommes "gentils". ça ne veut pas dire que les hommes sont tous heureux de vivre dans ce système, ni qu'ils y ont un réel intérêt - à mes yeux, les dominants comme les dominées sont aliénés par le patriarcat, et nous gagnerions tou-te-s à l'achever, hommes et femmes.
Le patriarcat ce n'est pas "il y a des hommes absolument infects avec les femmes".
Le patriarcat, c'est : les hommes, infects ou pas infects, en moyenne, gagnent un salaire beaucoup plus élevé que les femmes, en moyenne, pour le même travail, le même nombre d'heures, et la même qualification. (et pour obtenir les mêmes jobs, les mêmes nombres d'heures, et les mêmes qualifications que les hommes, les femmes ont déjà ramé.) parmi ces hommes qui gagnent plus d'argent que les femmes de leur entreprise, il y en a certainement des très gentils. Mais tous ont ce privilège simplement parce qu'ils sont des hommes, pas parce qu'ils méritent plus, ou travaillent mieux. Et ce privilège, qui découle exclusivement de leur appartenance au groupe dominant de ce système, leur rend la vie plus facile aux dépends des femmes.
l'inégalité de salaire n'est pas le seul exemple évidemment, mais c'est un exemple très clair et très concret que, infect ou pas infect, gentil ou pas gentil, les hommes partent dans le monde avec une longueur d'avance. Il ne s'agit pas de leur en vouloir ou de les détester, mais d'abolir leurs privilèges.
02 juillet 2009
Tant qu'il y aura des couilles en or...
...il y aura des lames en acier
Encore une fois, un article excellent sur ce site.
Lisez-le, ça vous changera des conneries racistes qu'on nous débite en ce moment.
Non, la burqa n'est pas le marqueur d'oppression sexiste suprême, et l'islam n'a pas l'apanage du patriarcat, et les femmes musulmanes ne sont pas plus opprimées par leurs maris et par leur culture que les autres femmes.
Non, les hommes blancs hétéros de droite de notre gouvernement, et les médias de désinformation de masse de notre pays ne se mettent pas soudainement à défendre les droits des femmes sans raison - il ne s'agit encore une fois de rien d'autre que d'instrumentaliser les questions de femmes à des fins racistes.
Non, on ne peut pas libérer les gens contre leur volonté. Que les femmes qui choisissent de porter la burqa soient actrices de leur propre oppression, c'est possible, et elles ne sont pas les seules dans ce cas. Mais tant qu'elles ne choisiront pas de l'enlever, les y forcer est stupide. Interdire à une femme majeure de faire quelque chose qu'elle dit faire par choix, et qui ne porte pas de préjudice à autrui, c'est faire acte de sexisme et de paternalisme, c'est la traiter comme une mineure perpétuelle. Seules les opprimés peuvent lutter efficacement contre l'oppression - "Ne me libérez pas, je m'en charge". Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas, l'autonomie des luttes, ça ne veut pas dire que le féminisme n'est l'affaire que des femmes, ou qu'il n'y a rien que les blancs puissent faire contre le racisme.
Une chose est sure, c'est qu'on ne résoudra pas un problème profond, comme l'oppression globale et multiforme d'une moitié de la population mondiale par l'autre, en en interdisant l'un des innombrables symptômes.
ça me rend triste de voir tant de monde tomber dans le piège et se laisser avoir par Sarko aussi facilement. Heureusement qu'il y en a qui réfléchissent.
En m'arrêtant dans un magazin de journaux je vois que le #3 de Causette est sorti. J'avais déjà feuilleté les deux précédents. La couverture du premier montrait la photo d'une femme qui exhibe ses seins à la gueule d'un flic, et l'un des articles était un portrait pas trop victimisant d'une vieille pute. Pas de régimes, pas de crèmes anti-âge, pas de blabla psycho. Je l'avais pas acheté, c'était un peu cher pour moi. Mais quand j'ai vu que l'Edito de ce mois-ci dénonce le paternalisme de la psychose actuelle sur le voile intégral et compare ce dernier à l'épilation intégrale obligatoire - le poil étant le thème du dossier de ce numéro - j'ai décidé de l'acheter. J'ai commencé à le feuilleter, c'est un poil hétéronormé par moments, et un peu modéré sur le féminisme pour pas faire trop peur à la lectrice, mais je ne peux que soutenir l'initiative. Le mot féministe apparaît sur la couverture ! ça parle de contraception ! ça critique l'ultralibéralisme et les politiques sécuritaires ! En plus le numéro de ce mois-ci est sans publicité, ça repose les yeux. Youpi !
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